Un éléphant ça « trompe » énormément !

Théotime en parlait depuis le début, et de notre côté nous avions vraiment envie d’aller voir ces grosses bêtes d’un peu plus près… mais voilà, côtoyer des éléphants ça n’est pas anodin, et nous a posé beaucoup de questions éthiques. Au début du 20ème siècle, il y avait 100 000 éléphants environ en Thaïlande. Aujourd’hui ils ne sont plus que 5000, dont la moitié domestiqués. Mais voilà le hic : un éléphant domestiqué coûte entre 20 000 et 30 000$, autrement dit, ça rapporte. Et la demande touristique en a fait une activité très lucrative, mais à quel prix ? La quasi-totalité des éléphants domestiqués ont subi ce que l’on appelle le « Phajaan » : les éléphanteaux sont traqués et capturés avant l’âge de 3 ans, puis durant 1 semaine et parfois plus, sont soumis à la torture (nous passons les détails pour nos jeunes lecteurs), afin de broyer leur âme d’animal sauvage et les soumettre. Ensuite, des « piqûres de rappel » sont administrées régulièrement afin que l’éléphant se souvienne toujours de cette période et continue de se soumettre. Outre ce Phajaan, un éléphant sur lequel on monte c’est également de la torture, sachant qu’il ne peut supporter une charge de plus de 150kg, que la nacelle qui porte les touristes pèse déjà 60kg, et que parfois on voit 4-6 personnes dessus, + son guide…

Un éléphant qui dessine avec sa trompe ou autres tour, c’est un éléphant qui n’a pas le temps pour manger ses 200kgs de nourriture quotidienne, ce qui lui prend entre 18 et 20h/jour. Et leur trompe leur sert à respirer, accessoirement…

Alors oui nous avions très envie de voir des éléphants, mais pas dans ces conditions. Après réflexions et recherches nous avons opté pour un refuge d’éléphants, ou normalement ils ont été recueillis après toutes ces tortures, et vivent à présent dans de bonnes conditions tout en étant bien traités. Nous avons adoré les côtoyer de si près, passer un moment avec eux à leur donner à manger, se baigner avec eux dans la rivière… une expérience inoubliable pour Théotime que de se retrouver à côté de ces mastodontes ! Nous avons vu des éléphants qui obéissaient à la voix de leurs maîtres et à la canne à sucre dont ils raffolent. Ils vivaient dans un environnement verdoyant avec de l’espace, et nous les avons vu beaucoup manger !

Oui mais voilà… dans tout cela nous avons aussi vu des cicatrices et traces de coups, et pas sûrs qu’elles soient toutes très vieilles… ces éléphants savaient aussi faire des « tours » comme barrir lorsqu’on leur disait « thank you », faire un bisous avec leur trompe… le sujet de la maltraitance semble réellement tabou lorsqu’on les interroge (et l’anglais se fait soudainement beaucoup plus approximatif) et on se demande si l’inscription « no riding » (on ne vous fait pas monter sur l’éléphant) n’est pas plutôt un nouvel outil merchandising qui a fait son apparition à mesure qu’il y a prise de conscience de la part des touristes. Et puis il y avait ces drôles de tubes qui pendaient au ceinturon des maîtres, couteaux pour couper la canne à sucre ou bien bullhook (petit marteau avec une pointe servant à les battre) ?!

La frontière semble bien mince, et nous laisse beaucoup de points d’interrogation encore.

One Reply to “Un éléphant ça « trompe » énormément !”

  1. Coucou,

    Génial toutes ces photos, quel dépaysement ! Merci pour ces éclairages sur la façon de traiter les éléphants, effectivement c’est bien triste de les maltraiter ainsi pour l’industrie touristique.
    Vous avez l’air en pleine forme, bonne continuation ! Bisous à tous les 4

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