8. Philippines

Île de Camiguin (01/06 au 10/06/2018)

Un peu sonnés par le long voyage nous arrivons à l’aube sur la petite île de Camiguin, au sud de Bohol, à 1h d’avion de Cebu. Sur le papier, elle a tout pour nous plaire : île possédant le plus de cônes volcaniques au monde pour sa superficie, nous comptons y trouver de belles plages de sable noir, des sources d’eau chaude, et des fonds marins encore préservés : de par la réaction des gens à qui nous disons que nous allons sur cette île, nous avons en effet compris qu’elle est encore largement épargnée par le tourisme de masse.

Nous ne sommes pas déçus ! Nous avons réservé un air bnb pour 9 nuits, désireux de nous poser, dans le petit village de Catarman. Le trajet depuis l’aéroport (en tuk-tuk toujours) nous laisse dubitatifs. Nous ne voyons aucune plage ; le temps est très maussade, la végétation dense et parsemée de cabanons délabrés… arrivés à Catarman heureusement nous repérons enfin un « supermarché » (s’entend échoppe où on peut acheter des pâtes liophy et des couches, nous sommes sauvés !) et quelques étales de fruits et légumes. Nous nous installons dans notre logement, une jolie maison rouge d’extérieur, avec un cochon qui patauge dans la boue, ce qui fascinera Théotime un bon moment (le-dit cochon pousse très souvent des hurlements perçants). Loin de nos espérances, nous commençons par chasser les cafards, asperger de tea tree les colonies de fourmis, retirer les cadavres de geckos du frigidaire… c’est très glauque, humide et étouffant. Clairement nous nous sentons très mal mais décidons quand même d’aller nous promener dans les environs à la recherche d’un petit bout de plage où lancer le ballon que nous avions promis de longue date à Théotime. Très vite nous comprenons qu’il n’y a rien autour, et ce à plusieurs kilomètres à la ronde. Difficile de décrire cette route unique qui fait le tour de l’île (64 kms). D’un côté, la mer en contre bas, inaccessible. De l’autre, les habitations, pour les plus chanceuses avec l’électricité. Les chiens sont légions. Tout le monde est dehors, ce que nous comprenons au vu de la noirceur de leur intérieur. Nous serons observés et dévisagés de nos moindres faits et gestes pendant ces 9 jours, toujours de manière très bienveillante: « qu’est-ce que c’est que ces touristes venus se perdre ici ? » « Tiens ils font leur lessive dans une bassine comme nous » (eh oui nous n’avons pas d’eau chaude, et nous aussi notre électricité se coupe dès qu’il tombe 3 gouttes de pluie, c’est à dire tous les jours !) « hey baby what’s your name ? ». Ça c’est à destination de Théotime, qui fait sensation en petite couche avec ses grands cheveux bouclés à jouer devant la maison…

Après un bon coup de déprime nous louons notre petit scooter, et à 3 sur la bécane nous décidons de partir à la recherche de ces fameuses plages. Recherches infructueuses : toutes les plages sont privées et appartiennent à des resorts. Nous en trouvons un qui est ouvert et « squattons » 2 ou 3 fois, mais il y a des détritus, et l’eau est très trouble, sans aucuns coraux… autant pour le snorkeling ! Tous les jours, nous ferons ainsi plusieurs kilomètres sur le scooter à en avoir mal aux fesses, à arpenter notre petite île. A force de persévérance, nous découvrons quelques chouettes coins comme Ardent Spring où Santo Nino Cold Spring, de grandes piscines, chauffée pour Ardent Spring par l’activité volcanique de l’île… mais on est très loin des petits coins paradisiaques auxquels nous aspirions.

Budget serré oblige, nous profitons de notre unique vrai repas journalier pour récupérer un peu de connexion wifi, celle-ci faisant défaut dans notre logement, et nous faisant nous sentir encore plus isolés.

Après avoir bien compté les jours et fait marcher à fond nos capacités d’adaptation, lutté contre l’envie de repartir au plus vite, nous poursuivons enfin notre voyage direction notre dernière étape avant l’été : les îles de Java et Bali!


Banaue (26/05 au 30/05/2018)

Sitôt arrivés aux Philippines nous fuyons la bruyante et polluée Manille, direction les rizières de Banaue. Après 9h de bus nous sommes récompensés par une vue superbe sur les montagnes et l’accueil et la gentillesse des Philippins. Grâce à son accès long et éprouvant, Banaue est restée encore plus ou moins préservée, même si le tourisme prend le dessus à grande vitesse. Nous vivons 5 jours paisibles, au rythme des tuk-tuk qui nous emmènent dans les alentours et jusqu’à Batad pour aller observer de plus près « le riz qui pousse » dixit Théotime. Au programme, de superbes randonnées où nous marchons à travers les rizières, parfois en équilibre, profitant de la vue et d’avoir tout le temps, puisqu’il n’y a que nous, Alex nous servant de guide à travers le dédale des terrasses et la jungle qui les entoure (aidé par notre super application « maps.me » que nous utilisons énormément dans notre voyage !). Les rizières sont très fournies et encore bien vertes, la récolte étant pour fin juin ou juillet ici.

Nous profitons aussi des temps de baignade dans des piscines naturelles formées par les cascades, et de pouvoir manger à loisir mangues et bananes qui sont délicieuses. Le soir, nous prenons nos habitudes dans les petits restos du coin, où pour à peine quelques euros nous mangeons de supers plats végétariens, préférables quand nous voyons la manière dont la viande est transportée et stockée ! Nous qui appréhendions la nourriture d’ici, on se régale pour le moment !

Théotime est ravi par ce grand changement d’ambiance ! Très à l’aise dans la rue il s’extasie de pouvoir y observer en toute liberté poules, chèvres et cochons, et adore grimper dans nos tuk-tuk aux chauffeurs si gentils ! Il se lie même d’amitié avec un adorable petit franco-philippin : les au revoir sont durs lorsqu’il s’agit de reprendre le terrible bus de nuit ! Pour l’occasion, premier gros bobo, Théotime se cogne violemment contre un coin de table 30 minutes avant le départ et s’ouvre (superficiellement heureusement) l’arcade sourcilière, puis sera malade dans le bus, suivi de près par Amélie !

Après quelques heures de repos dans un hôtel douteux de Manille, nous poursuivons nos aventures en nous envolant direction la petite île de Camiguin !