10. Thaïlande

Koh Kood (30/10 au 04/11/2018)

Depuis Koh Chang, nous prenons un bateau pour rejoindre une petite île voisine : Koh Kood. Nous nous retrouvons sur une île qui a su conserver son aspect authentique et sauvage, et qui est tout simplement paradisiaque ! On peut dire que nous avons enfin trouvé le type d’île que nous recherchions depuis le début du voyage. Nous avons choisi d’y passer 5 jours : c’est parfait pour aller explorer ses magnifiques cascades, où l’on peut se baigner dans une eau fraîche, entourés de végétation. Comme d’habitude, nous louons un scooter, ce qui reste le moyen le plus courant pour se déplacer en Asie. Une seule route sur la côte Ouest de l’île, la côte Est est encore livrée à la végétation. Nous découvrons un petit village de pêcheurs sur pilotis où l’on vit et travaille sur son bateau ou dans des habitations de bric et de broc qui sentent le poisson, installées par un système de pontons à même la mer. Lorsqu’on passe les quelques resorts, on découvre de petits bouts de plage paradisiaques : sable blond et fin, mer turquoise, palmiers pour faire de l’ombre à notre bébé zéro soleil… près de notre hôtel, nous profitons d’un spot de snorkeling où l’on peut observer des bénitiers de toutes les couleurs. Nous nous offrons une plongée sous-marine : le bonheur de pouvoir nager au milieu même des poissons multicolores ! On se partage la garde des enfants sur le bateau : Théotime saute à l’eau en pleine mer sans la moindre appréhension, et Lisandre profite du roulis du bateau pour se retourner !

Le côté triste du voyage c’est d’être confrontés à la pollution énorme de notre planète. La mer charrie chaque jour un nombre impressionnant de déchets, plastiques, sachets… que l’on retrouve même en pleine mer ! Il est urgent d’agir… En attendant, armés d’un sac poubelle, Théotime et Amélie vont nettoyer la plage, ça aussi ça fait partie de l’éducation en voyage !

Nous quittons un peu à regret l’île, mais la saison touristique va bientôt commencer et déjà nous avons vu les restaurants augmenter leurs prix ! On espère que Koh Kood restera encore longtemps aussi jolie !

Direction Bangkok pour une nuit de transit avant de filer vers l’Inde, une toute nouvelle aventure qui commence, et que nous avons hâte de découvrir !


Koh Chang (25/10 au 30/10/2018)

4h du matin, nous quittons notre hôtel à Bangkok. Dehors, c’est l’effervescence : tout le monde fait tranquillement son marché, à la fraîche ! Nous nous entassons dans un mini van pour 5h de route direction le Sud. Vers 7h, le chauffeur s’arrête pour une pause petit dej : il y a le sempiternel riz au poulet, mais même si nous nous sommes habitués à déguster nouilles, porc et poulet au petit dej, il est aujourd’hui encore un peu tôt pour ce genre de festivités !

1h après et sans crier gare, le chauffeur nous fait descendre et nous nous jetons dans un songthaew (au confort toujours aussi rudimentaire). Quelques temps après, nous voilà au port, où nous courons pour grimper dans un ferry, direction Koh Chang !

A l’arrivée, nous embarquons dans un genre de taxi collectif. Le prix est de 70 baths à voiture pleine (12 personnes), mais le chauffeur nous dit tout sourires que si nous voulons partir tout de suite il faudra en payer 150… nous refusons. Goguenard il nous répond que nous attendrons alors 2h, peut-être 3… Flegmatiques nous lui répondons que nous avons tout notre temps ! Le maître mot de ce voyage c’est de prendre le temps : avec deux jeunes enfants il est clair que nous voyageons beaucoup plus lentement, mais cela est aussi source de plaisir pour nous !

Bref 20 minutes plus tard nous voilà finalement partis ahah !

Koh Chang est la deuxième plus grande île de Thaïlande, et possède un grand parc maritime. Chang signifie « éléphant » car elle aurait la forme d’un éléphant… nous voyons surtout ces pauvres bêtes attachées à longueur de journée dans la poussière, attendant qu’on leur grimpe dessus… nous passons notre tour !

Enfourchant de nouveau notre fidèle destrier (un scooter bien sûr !), nous voilà sur les routes sinueuses et vallonnés de l’île, à la découverte de ses richesses. Nos pas nous mènent vers une jolie cascade où l’on peut se baigner en compagnie des carpes qui viennent nous bécoter les pieds ! Nous découvrons également de jolies criques et de superbes vues. Pas de snorkeling sur les plages alentour, qui sont néanmoins superbes et pour le moins paradisiaques, avec en plus des balançoires, pour le plus grand plaisir de Théotime ! Nous nous offrons tout de même une journée d’excursion dans le parc national du même nom que l’île, afin d’aller nager avec les multitudes de poissons tropicaux. On mesure à quel point Théotime a grandi pendant ce voyage, à présent autonome avec son masque et son tuba en pleine mer ! Nous nous partageons les sorties avec Alex pendant que Lisandre roupille dans le bateau… nous nous essayons également à la pêche, et dégustons nos 3 poissons attrapés directement sur le bateau, frits par l’équipage… le pied !

Le soir, nous mangeons les pieds dans le sable, l’occasion de nombreux jeux pour notre grand petit bonhomme qui fait chaque fois de nouvelles rencontres, apprend à jouer en Kazakhstan ou en Suédois et y prend beaucoup de plaisir !

Nous poursuivons notre découverte des îles direction Koh Kood pour nos derniers jours Thaïlandais !


Bangkok (24/10 au 25/10/2018)

Partis de Chiang Mai à 22h, nous voilà en route pour passer la nuit dans un bus confortable avec de bons sièges qui s’inclinent pour dormir… ça c’était avant de découvrir que nous étions juste à côté d’un thaïlandais qui ronflait à en faire trembler les vitres !!! Nous nous amusions à le « taper » avec notre coussin pour le réveiller mais il restait de marbre !!

Nous arrivons à 7h du matin pour une journée de transit à Bangkok avant de partir pour les îles. Nous en profitons pour (re)monter dans la tour Baiyoke II, 2ème plus haute tour de Bangkok, mais cette fois nous monterons jusqu’au 84ème étage pour avoir une vue panoramique sur la capitale à plus de 300m d’altitude. Un buffet de fruits est à disposition où nous pouvons goûter le fameux Durian et autres fruits exotiques. Définitivement le Durian a vraiment un goût spécial, nous ne réitérerons pas l’expérience ! Pour ceux qui ne connaissent pas, ce fruit à une odeur de « poubelles » et c’est pourtant un met rare et cher que ne peuvent pas s’offrir tous les thaïlandais, on se demande pourquoi ils en raffolent autant…!? 🙄 


Chiang Mai (18/10 au 23/10/2018)

Après 6h de bus nous voici arrivés au point le plus au Nord de notre périple Thaïlandais : Chiang Mai, 3ème ville de Thaïlande, dont la vieille ville est encerclée de vestiges de remparts. On troque les tuk tuk contre les songthaew, puis très vite contre l’application « grab », l’équivalent de Uber, à prix fixe et attractif… nous décidons également de louer un scooter pour rayonner aux alentours : au bout d’à peine quelques kilomètres nous nous faisons arrêter par un contrôle de police, nous avions complètement oublié notre permis de conduire international… pendant qu’Alex paye la petite amende (500 baths, environ 13€), les policiers d’un naturel plus que jovial nous prennent en photo avec les enfants à grands renforts de pauses et de pouces levés !

Nous passons nos 5 jours sur place à nous promener entre les temples, avec une mention spéciale pour le Wat Doi Suthep : en haut d’une montagne à 1676m d’altitude, on y accède par un escalier de 300 marches bordées de deux imposants dragons. Il y règne là-haut une grande ferveur, et c’est au moins aussi impressionnant de voir les Thaïs venir prier là. En redescendant, nous nous arrêtons près de petites cascades où Théotime s’en donne à cœur joie, et où une ribambelle de petits moinillons se baignent également. L’un d’eux n’hésitera pas à sauter pour aller rechercher la tong d’Alex qu’il perd dans le courant en traversant, fidèle à l’adage qui fait que depuis le début du voyage il a perdu une chose dans chaque pays traversé !

Chiang Mai c’est également de chouettes marchés nocturnes où nous trouverons pas mal de petits souvenirs : nous avons la chance de loger près d’un marché aux fruits où nous goûterons Mangoustan, pomme de Java, fruit du dragon, fruits de la passion à gogo pour une poignée de baths (environ 0,50€ pour une vingtaine de fruits de la passion), un petit resto caché dans la végétation où nous allons nous ressourcer chaque soir avec de délicieux smoothies, et un musée interactif rigolo sur l’illusion d’optique en 3D pour passer les jours de pluie, car nous aurons sur 6 jours 3 journées un peu voire très pluvieuses.

Enfin, la grande rencontre qui à elle seule vaudra un article et un reportage photo, c’est celle des éléphants, à suivre prochainement !

Nous reprenons un bus de nuit pour rentrer à Bangkok avant de rejoindre les îles au Sud Est.


Sukhothai (16/10 au 18/10/2018)

Nous testons le train pour rallier Sukhothai. Plutôt confortable, pas cher du tout, on nous sert même un petit repas. Lisandre se retrouve sur les genoux d’une gentille dame qui est aux anges de l’avoir ! Nous apprenons à dire « 2mois » en Thaï vu que cette question revient au moins 6 fois par jour…

En remontant vers le Nord nous remontons également dans le temps puisque le règne de la dynastie de Sukhothai a eu lieu avant celui d’Ayutthaya (début XIIIe siècle), et est la première capitale du Siam.

Nous passons la journée à nous promener dans un ensemble de beaux temples disséminés entre les cocotiers et les mares de nénuphars. Surtout nous avons enfin l’occasion d’observer le fameux « Bouddha marchant », se dirigeant vers « l’aube du bonheur », ainsi qu’un immense chedì (sorte de grande cloche) qui abriterait une vertèbre et un cheveu de Bouddha…

Un peu d’histoire à présent sur ce fameux Bouddha que nous observons sous toutes ses coutures depuis notre arrivée en Thaïlande : il s’agit en fait d’un prince qui naquit au Népal au VIe siècle avant J.-C. Assis sous un figuier pendant 7 semaines, il resta également 4 jours sous ce même figuier dans la position de méditation qu’on lui connaît, tenant tête au démon. La position que l’on peut observer sur les photos du Bouddha, main droite sur le sol et main gauche sur les genoux paume tournée vers le ciel représente le « geste de la prise de la terre à témoin » : il est le symbole de la victoire de Bouddha sur le Mal (Mâra, dieu des désirs), qui tente d’interrompre Bouddha dans sa méditation. Le Bouddha en réponse toucha la terre pour faire appel à la nature et témoigner de sa résolution. Ce geste tient une très grande place pour les Thaïlandais. A la suite de cela il atteignit l’Eveil et se libéra de toute souffrance. Dans tous les temples on retrouve des symboliques semblables, notamment beaucoup d’architecture en 7 étages représentant les 7 étapes avant d’aboutir à l’Eveil… ou au Nirvâna, moment où l’on se détache de ses passions.

Nous poursuivons notre route en bus cette fois afin d’atteindre notre point le plus au Nord de la Thaïlande, Chiang Mai où nous rayonnerons pendant 5 jours.


Ayutthaya (15/10 au 16/10/2018)

De bon matin nous embarquons dans un minivan dont le chauffeur souhaitait ardemment que nous y montions, même si ça n’était pas celui que nous pensions prendre et même si ça n’était pas notre tour ! Direction Ayutthaya : c’est l’ancienne capitale du royaume du Siam, en relation étroite avec la France de Louis IV. On y trouve un immense parc archéologique classé au patrimoine mondial de l’Unesco. En 1767 cependant, la capitale fut envahie par les Birmans, et Bangkok devint alors la capitale du royaume. Ayutthaya fut liquidée, et on utilisa les matériaux des anciens temples et pagodes pour reconstruire ceux de Bangkok. Il n’y a que quelques décennies que les archéologues ont réhabilité les sites que nous avons visité aujourd’hui. Emmenés par un de nos fidèles Tuk-Tuk et sa conductrice Oy, nous passons l’après-midi à arpenter les temples, découvrant des vestiges du XVème siècle, des Bouddha à n’en plus finir, assis, couchés, drapés de jaunes ou tapissés de petites feuilles d’or que les fidèles leur collent sur la tête… Pour Théotime c’est un immense terrain de jeux encore meilleur que le parc ! « Regardes, un Bouddha, mais il n’a plus de tête celui-là ! ». Pieds nus (on se déchausse pour voir Bouddha, autant rester comme ça…), un bâton dans les mains, c’est parti pour d’interminables courses et escalades, parfois arrêté par des dames enchantées par ce petit blond, qui l’attrapent par la main pour prendre une photo… placide notre Théotime attend que ça passe, tout comme nous, habitués après 6 mois de voyage à être sur les appareils photos de tous les touristes asiatiques ! Notre Lisandre, elle, profite du spectacle depuis son porte bébé, du moins pendant ses quelques instants éveillée, bercée comme elle est par la balade…

Encore une fois nous avons trouvé un hébergement très chouette logeant dans un petit bungalow dont la propriétaire nous a promis des bananes et des petits gâteaux pour le petit déjeuner demain… chic ça va changer du riz-poulet ! Nous continuons notre route vers le Nord, en train pour Sukhothai.


Bangkok (10/10 au  15/10/2018)

Nous revoilà de nouveau sur les routes, à 4 cette fois avec notre nouvelle petite voyageuse ! Après le long voyage jusqu’à Bangkok, nous arrivons dans notre hôtel qui est un peu à l’écart dans une impasse. Pour cette première prise de température Thaïlandaise nous ne sommes pas déçus : le mercure affiche + de 35 degrés ! Au grand ravissement de Théotime, nous embarquons dans des tuk tuk (petites « voitures » à 3 roues ouvertes aux 4 vents) qui se faufilent à travers les embouteillages omniprésents dans la ville. Les Thaïlandais sont adorables et nos deux enfants deviennent vite de vraies mascottes !  

Dès le lendemain, pleins d’énergie en ce début de voyage, nous partons visiter le magnifique temple Wat Phra Kaeo. Les façades sont recouvertes de dorures, verre, morceaux de miroir et faïences multicolores… ça brille au soleil et l’ensemble est assez spectaculaire ! Avec Théotime, nous jouons à observer les représentations de Bouddha et les multitudes de sculptures. Il apprend avec ravissement à ne pas tourner ses pieds face au Bouddha, ce qui lui fait faire multiples contorsions… et nous vaut beaucoup de « pourquoi ? ».

Écrasés de chaleur et après un bon Pad Thaï, nous reprenons la route direction cette fois le Wat Pho : notre préféré finalement. On découvre un temple particulièrement paisible en cette toute fin d’après-midi. Des chats se promènent, les moines font la prière ou accrochent des fanions multicolores au-dessus de nos têtes… le plus impressionnant est le fameux Bouddha couché de 45m de long (et 15m de haut), entièrement tapissé d’or. Le plus envoûtant, la mélopée d’une quinzaine de moines assis en tailleur à la tombée du jour récitant leurs prières.

Au fil des jours, nos pas nous mènent dans les différents recoins de la ville : centres commerciaux gigantesques, marchands ambulants, fruits exotiques découpés avec dextérité pour une poignée de baths… Théotime prend très vite ses marques et petites habitudes (miam le fruit du dragon dans le tuk tuk du retour à l’hôtel après une grande journée ! Chouette les petits poissons qui vous mangent les doigts dans les grandes jarres où flottent des nénuphars…). Un coup de cœur pour la visite de la maison de Jim Thompson, où nous découvrons (encore) des Buddhas vieux de plusieurs siècles au sein d’une superbe maison traditionnelle thaïe en teck. Cet ancien architecte et agent de la CIA relança l’industrie de la soie en Thaïlande et, après avoir fait fortune, fit reconstruire ses maisons dans les années 50 en plein cœur de la ville. Elles témoignent de son amour profond pour la Thaïlande, entourées d’une superbe végétation, et d’énormes carpes coy (oui nous choisissons les endroits que nous visitons « aussi » pour ce genre de détail : voir des carpes coy de 70 cm sauter hors de l’eau ça alimente beaucoup de discussions avec un petit garçon de bientôt 3 ans !). Le fait que cet homme ait disparu de manière mystérieuse à l’âge de 61 ans en Malaisie (en 1967), comme prévu par sa carte astrologique, ajoute à l’aspect fascinant de l’endroit.

Pour notre dernier jour à Bangkok avant de nous enfoncer plus au Nord, nous nous aventurons dans Chinatown. C’est un dédale fourmillant d’animation, de délicieuses petites choses indéfinissables à grignoter, de marchands d’or et de marchants de tongs, de canards découpés ou d’étals odorants de Durian, ce fruit à l’odeur caractéristique de poubelle… « regardes maman des grenades ! Mmh ça sent bon le fruit qui pique ! » pour Théotime c’est un ravissement de saveurs. L’après-midi, nous la passons en balade sur les klongs, les canaux qui enserrent la banlieue de Bangkok. Nous embarquons dans un long tail boat, bateau typique qui bientôt s’enfonce entre végétation et « maisons » de bric et de broc : en tôles, tenant sur des pilotis en bois déjà rongés et parfois à quelques centimètres seulement de l’eau, on imagine les dégâts lors d’un typhon… nous happons au passage des scènes de vie quotidienne, recevons beaucoup de sourires. Nous verrons également d’énormes varans (sorte de lézard XXL) se promenant entre les habitations. « Amel, les bananes ça pousse dans les arbres, et les noix de coco aussi ! » Théotime fait au fil de l’eau des découvertes concrètes sur les petites choses de son quotidien. Niveau nourriture, nous nous régalons de pâtes et de riz… à tous les repas y compris au petit déjeuner (ça c’est plus dur…) ! Nous n’avons par contre pas encore passé le cap du dessert au porc (sucré apparemment !?).

Direction à présent Ayutthayah à 2h de Bangkok, première étape de notre remontée dans le Nord !