Retour en France !

Le 11 juillet dernier, après un harassant 26h de vols et transits en tout genre, nous rentrons dans le Sud de la France chez la maman d’Amel afin de donner naissance à notre petite aventurière qui nous aura suivi pendant toute la durée du voyage !
Une pause très appréciée dans le voyage, qui nous permet de reprendre notre souffle avant d’envisager la suite des aventures à 4.
Après une grossesse très paisible, que nous avons vécu tous ensemble chaque jour et au rythme des mouvements du bébé qui grandissait, nous choisissons de donner naissance à ce petit être de manière tout aussi sereine : Lisandre est donc née le 28 Août, dans la douceur de notre foyer pour ces quelques mois de transit en France. Théotime qui l’avait accompagnée de ses chansons, histoires et rires pendant toute sa vie in utero, a découvert sa petite sœur quelques heures après sa naissance, et c’est tout naturellement que la vie à 4 a commencé !
Lisandre se portant à merveille, le 9 Octobre nous reprendrons notre voyage là où nous avions fait une pause dans l’itinéraire, direction la Thaïlande, puis l’Inde du Sud pour encore quelques semaines de voyage !

Les temples de Java

Nous prenons le temps et explorons tout d’abord sur une journée entière le temple de Prambanan. Dans un grand parc verdoyant, se dresse le temple hindou Candi Çiva, construit entre 900 et 930 ap. J.-C., et maintes fois restauré ensuite. Les tours dressées vers le ciel symbolisent le Mt Meru, montagne sacrée en Himalaya au Nord de l’Inde. A l’intérieur de ces tours, on peut observer les statues des grandes divinités Çiva, Vishnu et Brahma.

Pour l’histoire, deux religions s’affrontaient à Java au IXe siècle : bouddhisme et hindouisme. Ces deux religions installèrent leur base dans la plaine fertile de Yogyakarta, construisirent Prambanan et Borobudur et s’affrontèrent pour avoir la main-mise sur l’île. Java fut hindouisée. Mais au XVe siècle, l’islam arriva et son expansion mit fin à l’hindouisme (ce qui ne fut pas le cas à Bali voisine).

Le lendemain, nous nous dirigeons vers Borobudur, dans un écrin de rizières et de palmiers. La route est longue, mais cela en vaut la peine : construit avec 1 600 000 de blocs de pierre volcanique (de l’andésite), c’est le plus grand monument bouddhique du monde !

Là encore, les tremblements de terre et violentes pluies ont dégradé l’édifice qui a eu besoin de restauration pour garder toute sa splendeur.

On parle de Borobudur comme d’un « mandala de pierre », c’est à dire que son ascension favorise l’ascension spirituelle du croyant. Nous passons donc la sphère des Désirs, celle des Apparences, avant d’aboutir à la sphère du Vide ou Éveil Spirituel, avec son immense stûpa creux, encore une réplique symbolique du Mt Meru.

Théotime prend beaucoup de plaisir à chercher les représentations de buddhas à l’intérieur des stûpas (« a-t-il encore une tête ? »), ou à observer les différentes sculptures sur les murs pour y reconnaître des animaux. Les statues de lions en pierre lui inspirent encore une fascination craintive, et il aime aller leur toucher furtivement les griffes ou les dents, bien brave le petit bonhomme !

Autre symbolique de Borobudur que nous avons beaucoup aimé et que nous vous faisons partager ici pour les amateurs de numérologie : Borobudur est constitué de 9 terrasses. 504 statues (5+0+4=9), 72 stûpas (7+2=…), 108 niches (…) de chaque côté (4 côtés, 4×108 = 432. 4+3+2=9…)… et il n’y a pas de hasard, on retombera toujours sur le chiffre 9, un des nombres des sphères célestes.

JAPON : 15 faits amusants incongrus ou intéressants

  • En entrant ET en sortant des compartiments de train, les contrôleurs font toujours un salut en se penchant en avant. Ils peuvent répéter ces gestes jusqu’à 20-30 fois par trajet.
  • Il est formellement interdit de prendre l’escalator avec sa poussette. Des gardiens y veillent. Nous nous en sortons en faisant le petit salut plusieurs fois (il ne faut pas avoir trop mal au dos) tout en le ponctuant de plusieurs « arigato cozaïmassss » en laissant traîner longtemps le « s » à la manière d’un serpent. Ça fonctionne.
  • Lorsqu’on a des chaussures enlevées par exemple dans un restaurant à tatamis et que l’on a besoin d’aller aux toilettes, des paires de chaussons spécial toilettes sont là pour accueillir nos petits pieds.
  • Il y a des toilettes partout, d’une propreté exemplaire même dans le métro. Sur le côté du toilette, on peut mettre de la musique si on veut un peu d’intimité.
  • A la piscine, les femmes se baignent avec un collant de running leur couvrant même les chevilles, et un sweat à manches longues leur arrivant au bout des doigts. Dans la même piscine mais côté Onsen on se baigne tout nus !
  • Les japonais adorent les cheveux blonds de Théotime et ses grands yeux: quand nous marchons nous entendons souvent retentir des « kawaiiiiiiii » (« mignon »). Lorsque nous nous prenons en photo, 20 japonais ont la même photo de nous…
  • En 25 jours et beaucoup de déplacements et visites nous n’avons jamais entendu quiconque élever la voix.
  • Les enfants sont tous d’un calme extraordinaire. Nous ne les voyons jamais pleurer, ou alors silencieusement. Aucun ne court partout dans le métro, ne jette son doudou, ne crie « je veux une banane maintenant! », ne… sauf le nôtre (et là on ne nous dit pas Kawai…)
  • Il est possible de marcher dans une foule extrêmement dense (pensez Paris heure de pointe fois 2) sans que personne ne vous bouscule. Pratique !
  • Les bébés ne sont jamais allaités en public même tout petits. Il y a des lieux spécifiques pour cela (et interdits aux hommes), référencés sur une application. On est contents de ne pas encore avoir notre mini vorace numéro 2 en open bar.
  • Si vous oubliez votre précieux iPhone dans le métro, votre voisine vous attendra à la prochaine station pour vous le rendre. Testé et approuvé (une fois nous suffit).
  • Dans les supérettes et les supermarchés, les caissières nous parlent pendant tout le temps où elles passent nos articles. On pense qu’elles disent quelque chose comme « un sandwich ça fera 200 yens, un petit gâteau 118 yens etc etc… » mais on n’est pas sûrs. On ne comprend rien !
  • Nos repas phares toujours dans ces mêmes supérettes: les croquettes (boule de riz frite et fourrée) et les brochettes de peau de poulet (oui oui uniquement la peau)
  • Il n’y a pas de poubelles dans les lieux publics, la rue… et rarement dans le métro. Pourtant nous n’avons jamais vu un seul papier par terre.
  • Malheureusement lorsqu’il y a une poubelle nous avons le choix entre bouteilles en verre ou « à bruler ». Le recyclage ne semble pas encore avoir fait sa place.

Rapport des troupes et quelques chiffres

Fin Avril 2018. Dans quelques jours, cela fera 4 mois que nous sommes sur les routes, entre Amérique Centrale, Amérique du Sud, Polynésie et Nouvelle Zélande. Déjà un long chemin parcouru, et pourtant toujours des surprises et de magnifiques découvertes sur la route. Nous prenons tranquillement notre rythme de croisière, au gré de nos envies, de la météo, des parcs de jeux… Notre voyage se construit ainsi également au jour le jour, et autour de Théotime, qui à sa manière nous permet d’en apprécier les multiples petits riens (on se souviendra longtemps du « des pâtes ! avec du thon dessus, génial !! » lors de nos régimes spartiates sur l’île de Pâques !). Nous avions eu beau planifier notre itinéraire en France, finalement arrivés dans le pays nous apprécions passer plusieurs jours dans un même endroit, se poser plusieurs heures le midi près d’un torrent (ah !! lancer des cailloux dans l’eau et faire des « bateaux » avec les bâtons…) ou d’un parc.

A l’aube de passer au pays du soleil levant, de repasser dans l’hémisphère Nord quitté le 25 Janvier dernier, et de commencer à réduire les kms et les heures de décalage horaire qui nous séparent de la France, le point sur ces 4 derniers mois…

Nombre de pays visités : 5

Nombre de kilomètres parcourus : environ 37000

Nombre de nuits passées en aéroport : 2

Nombres de nuits passées sous la tente : 50

Nombre de douches chaudes en Amérique : 23/60 soit 38%… (« une douche froide froide froide » comme nous dit encore Théotime, habitué à courir sous le jet en hurlant pour tenter d’enlever un simulacre de savon… On ne s’éternise pas une chose est sûre)

Nombre de bon fromage : 1 (le fromage de chèvre à Pucon)

Nombre de tentatives loupées de trouver un bon fromage : 43

Nombre de discussions fantasmées autour du fromage : 98

* Recommencer les 3 points précédents en remplaçant « fromage » par « pain ».

Nombre de fois où on a plié et déplié la poussette : 264 (à l’heure où nous écrivons elle est toujours en vie)

Nombre de délicieuses siestes passées par Théotime sur le dos de son papa pendant qu’il suait sang et eau entre montagnes et forêts tropicales : 34

Nombre d’histoires lues à Théo : 714 (à raison de 7 différentes. Il les connait par cœur. Nous aussi…)

Nombre de livres lus par ses parents grâce au Book Exchange : 17

Nombres de lavage de nos vêtements à la main : 37

Nombre de couches changées : 530

Nombre de chiens errants qui nous ont accompagnés lors de nos balades : 35 (parfois à 4 en même temps, il y avait du monde sur les sentiers !)

Nombre de vaches ayant tenté de nous charger en Nouvelle Zélande : 2 (nous les trouverons à la chatouille plutôt facile contrairement à la placidité des vaches de nos alpages).

A la rencontre des kiwis

Dès notre première nuit de camping sauvage en Nouvelle Zélande, nous espérions voir le fameux kiwi, petit oiseau si rare et si intriguant… Mais avec seulement 5000 de ces petites bêtes référencées sur l’île, difficile de réussir à en croiser un sans un œil aguerri. Après avoir lu multiples fois l’histoire de Kuwi le Kiwi à Théotime et croisé plusieurs panneaux nous indiquant « attention, traversée de kiwis », nous ne pouvions cependant passer à côté. C’est donc à Franz Josef Glacier que nous nous sommes rendus au Wildlife Center afin d’aller les observer de plus près.

Petite carte d’identité de l’animal : le kiwi est un oiseau nocturne, qui est cependant incapable de voler, et que l’on trouve uniquement en NZ. Il vit dans un terrier, et possède des os pleins (à l’inverse des autres oiseaux). Sa température corporelle est quasiment la même que la nôtre (37-38°C).

Caractéristique très spéciale, c’est le seul oiseau au monde à avoir les narines au bout de leur bec, avec un odorat très développé. Ils utilisent cet odorat pour trouver leur nourriture sous terre, en fouissant dans les feuilles mortes. Grâce à leur bec également, ils peuvent sentir les mouvements des insectes dans le sol. Ils ont de fortes pattes, qui leur permettraient de dépasser un humain à la course !

La population de kiwis a fortement diminué avec l’apparition de nouveaux prédateurs terrestres, introduits par l’homme : rats, chiens, chats, belette, et surtout hermine. Cette dernière est le principal prédateur, initialement introduite pour contrôler les lapins en NZ, elle peut en fait tuer un kiwi dont le poids est inférieur à 1kg. Et il faut près de 12 mois au kiwi pour atteindre ce poids…

C’est là d’ailleurs qu’est toute la fragilité du kiwi : ils peuvent pondre 1 à 4 œufs par an, mais seuls 50% de ces œufs vont réussir à éclore en milieu ordinaire. De ces 50%, seuls 5% atteindront l’âge adulte et celui de se reproduire… On est bien face à une espèce en voie de disparition.

Au Wildlife Center, les intervenants vont donc récupérer l’œuf du kiwi lorsque celui-ci est pondu, afin de le protéger des prédateurs. Il est ramené au centre, et soigneusement placé en incubateur jusqu’à éclosion. Le bébé kiwi est ensuite nourri puis placé en simulacre de milieu naturel jusqu’à ce qu’il ait atteint l’âge de se défendre et de se reproduire, soit environ 12 mois/1kg. Ce sont ces « bébés » que nous avons pu observer dans le noir et le plus silencieusement possible : d’ici quelques mois, ils seront relâchés dans leur habitat naturel. Leur chance de survie est ainsi estimée à 70%.

Une jolie rencontre avec cet animal emblématique de la Nouvelle Zélande, mais qui nous laisse également entrevoir, comme durant tout notre séjour, à quel point la faune et la flore sont fragiles ici, et à quel point un dur travail pour les préserver est mené chaque jour à différentes échelles.